Document d'orientation
Lutte, travail, démocratie: la CGT FAPT engagée pour le service public de la communication
- Adopté au 38ème congrès Fédéral du 20 au 24 avril 2026 à Paris
Préambule:
Construire l’avenir et passer du dire au faire !
Le document d’orientation s’inscrit dans la poursuite des orientations votées lors des précédents congrès fédéraux et confédéraux.
Nous l’avons voulu le plus, accessible et fonctionnel pour qu’il constitue véritablement un document de travail utile à l’ensemble de l’organisation et à l’ensemble des syndiqués.
Au cours des 3 dernières années qui nous séparent du 37ème congrès fédéral de Taglio-Isolaccio, l’affrontement capital/travail s’est intensifié, comme l’illustre l’augmentation de la répression syndicale.
Les stratégies en œuvre ont approfondi les divisions du travail et du salariat portant l’enjeu du rassemblement des salariés au-delà de l’entreprise.
La CGT conjugue la double besogne : bataille pour les revendications immédiates et construction d’un monde meilleur avec la fin de l’exploitation capitaliste.
Les bouleversements sociaux et les problématiques que rencontre le monde du travail nous amènent à nous interroger et à modifier notre fonctionnement.
Le processus de restructuration permanente des entreprises des activités postales et de télécommunications, notre champ fédéral, a perpétuellement des incidences sur les conditions de travail, les salaires, l’emploi, la santé, la vie personnelle … et plus globalement sur le sens et le contenu du travail.
Deux évènements ont marqué la précédente mandature :
1. La lutte contre la réforme des retraites et l’analyse qu’en a fait la CGT nous a permis d’identifier ce qui a fonctionné : Thème qui fédère, travail d’unité, multiplicité des formes d’actions en proximité, notamment dans les petites entreprises, les filiales, la sous-traitance et les plateformes numériques … Toutefois, il faut nous s’attarder sur ce qui manque et devrait être amélioré dans l’organisation
- Nos difficultés d’implantation et d’organisation de proximité,
- Le passage d’un syndicalisme de délégation à un syndicalisme de luttes collectives des travailleurs,
- L’ancrage revendicatif sur les lieux de travail par la construction des cahiers revendicatifs avec les travailleurs,
- L’impulsion de notre démarche syndicale à partir du travail,
- Le développement de la culture du débat, des Assemblées Générales et de l’écoute entre les différentes structures de la CGT.
Nous avons décidé de devenir la fédération des salariés du secteur des Activités Postales et de Télécommunications depuis longtemps (vote de principe au 28ème congrès en 1991, confirmé au 30ème congrès et intégré aux statuts au 32ème congrès).
Pour autant, notre histoire syndicale et notre implantation historique sont encore très présentes dans notre organisation, et nos pratiques, sont trop souvent marquées par une verticalité (du haut vers le bas).
Par ailleurs, de nombreux postiers sont en responsabilité dans toute l’organisation CGT (y compris dans les organisations interprofessionnelles).
Nous n’avons pas, suffisamment, su appréhender la baisse des moyens syndicaux, la réalité nous a percuté de plein fouet.
Le cœur de notre syndicalisme basé sur la démocratie syndicale au service d’une démocratie ouvrière, nous a amené à reposer les bases d’un nouveau fonctionnement.
Depuis 130 ans, la CGT s’est toujours réinterrogée pour adapter son fonctionnement aux réalités du monde du travail du moment.
Le 37ème congrès de la CGT FAPT a réaffirmé le syndicat départemental comme structure de base de la fédération et la section syndicale comme organisation de proximité.
Mais au regard des bouleversements, des besoins des syndiqués et des salariés du champ fédéral, il a aussi décidé d’engager au cours du mandat « une réflexion sur les évolutions éventuelles de fonctionnement, d’organisation, et sur les outils utiles pour atteindre les objectifs de congrès, qui permettent aux salariés du champ du droit à la communication de gagner sur leurs revendications » - Extrait décision 15 du document d’orientation du 37ème congrès.
Si le processus démocratique de réflexion sur notre structuration et notre fonctionnement est engagé et a permis de redéfinir les contours et les enjeux pour la fédération, il n’est certainement pas abouti.
Les nombreux débats, journées d’études et échanges menés dans la fédération autour de la décision 15 du 37ème congrès nous ont permis de définir collectivement notre feuille de route :
- Être la fédération qui permet à l’ensemble du salariat de notre champ de se construire en force collective de conquêtes sociales et d’émancipation,
- Mettre tout en œuvre pour implanter et organiser les syndiqués en sections syndicales dans l’ensemble du champ fédéral.
A partir de la préparation du 38ème congrès fédéral et du projet de document d’orientation, il est nécessaire de poursuivre notre réflexion avec le plus grand nombre de syndiqués en ayant comme boussole : comment la fédération (le syndicat départemental, l’union régionale, le siège fédéral, UFR, UFC) aide les sections syndicales à mener et développer leur activité pour être une organisation utile aux travailleurs, sur leur lieu de travail, et aide à en créer de nouvelles quand elles sont absentes ?
Nous sommes à un tournant de l’histoire de notre organisation : il s’agit dès à présent d’avoir un fonctionnement où la Fédération n’est ni une addition d’entreprises plurielles ni un ensemble d’organisations indépendantes les unes des autres mais une et unique qui œuvre au droit à la communication, pour porter luttes et revendications.
Pour tous, il faut passer du dire au faire !
Le processus de consultation engagé dans la fédération dans le cadre de la préparation du 38ème congrès, les échanges à l’occasion des congrès de syndicats (tenus dans des conditions nouvelles), la réflexion engagée au sein de la direction nous confirment l’urgence de bousculer nos fonctionnements et nos pratiques.
Plus de 2000 syndiqués se sont impliqués dans la 1ère phase préparatoire au 38ème congrès fédéral en retournant leur consultation à la fédération ou et en participant aux réunions et initiatives organisées : un résultat inédit qui s’est enrichi et confirmé par les nombreux congrès de Syndicats Départementaux, AG de sections, et entretiens individuels réalisés (synthèse).
Parce que nous défendons un syndicalisme :
- De classe, nous devons permettre à tous les syndiqués, et donc à tous les travailleurs, de prendre conscience de la mesure que nous faisons toutes et tous partie de celles et ceux qui produisent les richesses et font fonctionner l’ensemble de la société.
- De masse, nous devons œuvrer au rassemblement de tous les salariés.
Chaque syndiqué doit pouvoir y contribuer sans avoir besoin de s’interroger sur sa légitimité dans l’organisation au regard de son expérience ou de ses « connaissances » des pratiques syndicales.
Le syndiqué et sa section sont la base, la « porte d’entrée » de notre syndicalisme : de quoi avons-nous besoin en tant que syndiqué pour mener une vie syndicale de proximité à partir des réalités d’aujourd’hui ? (Chapitre A)
De quoi avons-nous besoin pour faire la jonction entre le vécu au travail et les enjeux, mais aussi pour poser les bases d’une véritable stratégie d’action et de lutte ?.
Si la crise COVID nous a obligés à appréhender le travail différemment, elle nous a appris à fonctionner davantage à distance et forcé à franchir un cap dans l’utilisation des nouveaux outils numériques et des échanges interactifs en physique.
Cela ne doit pas se faire au détriment de l’importance de la culture du débat.
L’organisation doit aller plus loin dans la mise en place d’espaces permettant la réflexion collective.
La prise en compte des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux est encore plus indispensable aujourd’hui, tant le fossé des inégalités s’est creusé.
Dans cette séquence mouvementée, où le capital continue par tous les moyens de maintenir son emprise, y compris en s’appuyant sur l’extrême droite comme ultime alternative, il nous incombe de redonner l’espoir, faire de l’utopie une réalité, transmettre confiance et détermination aux travailleurs pour obtenir les avancées sociales utiles pour l’ensemble du monde du travail par la lutte. La CGT FAPT affirme que la bataille idéologique est indissociable de la bataille revendicative. Le syndicalisme, par l’action collective, la solidarité et la construction du rapport de force, constitue un rempart concret contre l’extrême droite.