L’IA à La Poste : la technologie doit profiter aux postiers!
12 oct. 2026
Du point de vue de la CGT, des éclaircissements sont nécessaires: Il n’est pas question de rentrer dans la technique et d’expliquer ce qu’est l’Intelligence Artificielle dans le sens informatique et scientifique des choses. Quelques notions sont nécessaires mais de nombreux auteurs et spécialistes partage l’idée qu’il n’y a pas besoin d’en être un, spécialiste, pour comprendre les bénéfices et les risques de l’IA dans notre quotidien. La question de la présence de l’IA dans notre vie professionnelle, n’est plus à poser, elle est dans tous les métiers du groupe La Poste, informaticien·ne, gestionnaire RH, fonctions support, commerciaux téléconseiller·e, guichetier·e, facteur·trice, encadrant·e…
- Ses résultats sont imprévisibles et difficiles à vérifier ;
- Son fonctionnement est opaque, difficile à expliquer et à certifier ;
- Ses données d’apprentissage sont biaisées et peu représentatives, car elles reflètent surtout la culture dominante, plutôt homme, blanc, anglo-saxon et protestant des États-Unis ;
- L’anglais et quelques autres langues sont surreprésentés, ce qui accentue les biais culturels ;
- Les droits de propriété intellectuelle sont pillés, parfois jusqu’à la destruction de livres rares ;
- Les principaux réglages ne sont pas rendus publics ;
- Ses calculs privilégient statistiquement la réponse la plus vraisemblable, pas nécessairement la vérité ;
- Les systèmes peuvent inventer des faits ou de fausses sources sans publier leur taux d’erreur ;
- Ils ne sont pas directement ancrés dans le monde réel ;
- Ils génèrent une « bouillie IA » : des réponses moyennes, peu pertinentes et qui renforcent les visions dominantes ;
- Les données synthétiques produites par des machines contaminent les bases d’entraînement ; depuis 2024, elles représenteraient la moitié des contenus en ligne ;
- Les systèmes peuvent produire du code approximatif et non validé ;
- L’opacité concerne les données d’apprentissage, leur étiquetage et le réglage fin des algorithmes, au nom de la protection du savoir-faire ;
- Les IA dites « agentiques » reposent sur des sous-programmes relativement autonomes, capables de se coordonner et de se déléguer des tâches, avec un risque de sortir du cadre fixé.
- La reconnaissance de la place de l’humain dans chaque processus IA Un droit d’alerte relatif aux usages de l’IA et un processus clair de remontée d’information : qui peut signaler une anomalie, auprès de qui, dans quels délais, avec quelles garanties de traitement et de traçabilité ? La mention de la possibilité de signaler les anomalies ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’une méthode opérationnelle.
- Un élargissement des prérogatives des CSE et du CSE-C, et de garantir une intervention réelle des IRP avant, pendant et après le déploiement des systèmes d’IA.
- Une Instance Représentative du Personnel qui ne soit pas qu’une simple salle d’information dont l’entreprise garderait seule la maîtrise. Elle doit devenir un outil utile de préconisation, de suivi, d’évaluation et d’anticipation sur le temps long, au service des postiers.
- Une liste exhaustive et régulièrement actualisée des systèmes d’IA utilisés à La Poste doit également être communiquée aux représentants du personnel, avec leurs finalités, leurs périmètres, leurs impacts possibles sur le travail et les indicateurs de suivi associés, sociaux et organisationnels.
- Des garanties sur l’emploi, la qualification, la formation, la charge de travail et l’usage du temps libéré.
- Que les gains de temps rendus possibles par l’IA bénéficient d’abord aux postiers : allègement des fiches de poste, baisse de la charge de travail, amélioration des rythmes, meilleure formation, reconnaissance des qualifications, valorisation des savoirs professionnels, amélioration de la QVCT et ouverture d’une réflexion sur la réduction du temps de travail.