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Retraité.es, Reconstruisons la solidarité intergénérationnelle

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Mutuelle / Complémentaire Santé: Les retraité.es sont lésé.es, nous voulons la sécurité sociale intégrale.

Pré-retraité.es et Retraité.es, nous sommes soumis.es à la triple peine puisque lors de la liquidation de nos pensions, nos revenus chutent, le tarif des mutuelles augmente fortement. Nous perdons de plus la participation de l’employeur tout en additionnant les dépenses pour les franchises médicales, induites par des soins plus fréquents et les dépassements d’honoraires, les participations forfaitaires, les déplacements, etc...

Un nombre croissant de retraité.es renonce à se soigner, et à souscrire une complémentaire santé. Pire encore, elles et ils ne souscrivent à aucune assurance prévoyance pour se protéger en cas de longue maladie, maladie répétée ou invalidité et incapacité temporaire.

Dans notre secteur des activités postales et de télécommunications, l’éclatement du salariat conduit à des droits et statuts différents, ce qui complexifie la nécessaire convergence d’intérêts et de lutte.

2,5 millions de personnes dont 700 000 retraité.es restent ainsi sans couverture complémentaire santé (IRDES, enquête santé européenne, 2019) : c’est plus que le nombre d’habitants de Paris ! Le coût élevé touche surtout des retraités, des demandeurs d’emploi, des indépendants, des aides à domicile, des assistantes maternelles, des intermittents, des personnes malades ou en situation de handicap autour de nous.

Lors du passage à la retraite, 4 options s’offrent au futur retraité:
1- Garder la Mutuelle Générale comme adhérent statutaire pour ceux qui ont gardé la cotisation de mutualisation. Ce choix ne concerne que les fonctionnaires.
2- Prendre un nouveau contrat à la MG, exemple « santé sénior.
3- Changer de complémentaire.
4- Prendre le contrat loi Evin.

Comment Se soigner dans ces conditions ?

Tout salarié en activité dispose d’une couverture complémentaire Santé et la paie entièrement, mais en 2 temps, puisque la « part employeur » (au moins 50%) avec l’obligation de contrats collectifs est « compensée » par nos impôts. A la retraite c’est 100 % toute de suite, et c’est de plus en plus cher, trop cher.

Pour la CGT, les contrats collectifs obligatoires sont un véritable cheval de Troie contre la Sécurité Sociale. Ils contribuent à brouiller les repères et facilitent le désengagement de remboursement de la sécurité sociale.

De plus, l’employeur qui participe au financement de la complémentaire santé et à la prévoyance d’entreprise obligatoire pour ses salariés, bénéficie d’avantages sociaux et fiscaux sur le montant de sa participation, comme la déductibilité des cotisations (sommes déductibles de son bénéfice imposable et considérées par l’administration fiscale comme une charge pour l’entreprise ce qui donne droit à cette déduction du bénéfice) ou l’exonération partielle ou totale de cotisations sociales.

Dans notre secteur professionnel, les entreprises ont d’ailleurs des bénéfices et dividendes en hausse.

Auparavant, les effets de l’âge étaient lissés pour contenir les coûts ce n’est plus le cas aujourd’hui, or les dépenses de santé augmentent fortement avec l’âge. Ce sont les retraité.es ayant les plus petites pensions qui sont le plus impacté.es.

Dans le graphique ci-dessous, l’on voit aisément que les soins augmentent en fonction de l’âge (soins de ville en 2022). En dehors d’une solidarité intergénérationnelle, c’est donc le pouvoir d’achat des retraités qui sera impacté au travers les complémentaires santé.

Rappelons-nous la « garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes » par l’ordonnance de mise en oeuvre de la Sécurité sociale, confirmée ensuite dans la Constitution (1946, Préambule, article 11). Aujourd’hui que ce soit en milieu rural ou urbain, l’accès aux soins est devenu un élément essentiel dans les revendications. Sous des formes très diverses, beaucoup de sections UFR ont mené au moins une action revendicative sur la santé : Les tracts, pétitions, rassemblements, colloques … luttes contre les déserts médicaux, contre la fermeture de services hospitaliers, ont été au coeur de multiples actions et expressions. Notre système de santé loin d’avoir été amélioré est devenu complexe et inaccessible au fil des politiques mises en oeuvre et des PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) destructeurs... Les décisions du doublement de la franchise médicale sur les médicaments (de 0,50 à 1 euro) sur les transports sanitaires (de 2 à 4 €uros), la hausse des tarifs médicaux à minimum 30 euros … Cette situation exclut un grand nombre de familles du dispositif et particulièrement les retraité.es. Plutôt que des déremboursements de soins et des coups de rabots qui mènent notre système de santé à la faillite, il y a urgence de mener la bataille pour reconquérir une sécurité sociale de haut niveau dans le cadre du droit à la santé pour tous.

En effet, une sécurité sociale prenant en compte les besoins de santé à 100% permettrait d’assoir son rôle fondamental dans la réponse aux besoins des assurés sociaux et ainsi mettre un terme à la marchandisation de notre système de santé. D’ailleurs, cela existe déjà dans certains régimes spéciaux de prévoyance (Cheminots, IEG, Les Mineurs …) obtenus par les luttes avec un prise en charge plus avantageuse que la sécurité sociale.

La Sécurité sociale a 80 ans et sa création, fut l’une des conquêtes sociales majeures du monde du travail. Son principe est basé sur la solidarité où chacun contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Dès sa création, son financement repose sur les cotisations sociales basées sur le salaire brut et donc sur le travail et donc par les richesses créées par le seul travail afin de répondre aux besoins de toute la population.

Il y a donc le salaire net pour vivre et le salaire brut pour toute la vie et ses aléas. Le net en bas de la fiche de paye pour le quotidien, le brut en première ligne en haut avec les cotisations sociales, mises dans le pot commun qu’est la Sécurité Sociale. La CGT rappelle son exigence de recevoir un bulletin de pension papier pour les retraités.

Le principe des cotisations sociales est la règle qui s’applique pour la santé mais aussi pour les autres domaines de la protection sociale comme la retraite, la famille, Accidents du travail et Maladies Professionnelles. Les gouvernements successifs, pour de basses raisons économiques ont accordé d’importantes exonérations de cotisations sociales (elles atteignent aujourd’hui plus de 90 milliards en 2024) mettant en déficit le financement de la « sécu » et entraînant une dégradation de l’hôpital public, amplifié par la marchandisation de la santé. Avec la mise en place de la CSG en 1991 et son extension progressive, de la CRDS et de la CASA, la part des cotisations sociales finançant la Sécu n’a eu de cesse de diminuer passant de 86,8% en 1991 à 63% aujourd’hui (dont 38% au niveau pour la maladie). Les retraité.es de la FAPT comme l’ensemble des retraité.es sont largement mis à contribution.

Pour la CGT, les cotisations sociales sont le coeur du financement de la Sécurité sociale, elles seules garantissent l’universalité, l’unité, l’uniformité, la solidarité et la démocratie.

Notre système de santé ne peut pas être laissé à l’abandon. Ils cassent, demandons réparation ! Notre combat pour une Sécurité Sociale Intégrale prenant en charge les risques sociaux et les besoins d’aujourd’hui et entièrement financée par les cotisations sociales sur les richesses produites par le travail est juste et nécessaire. Nous voulons un droit à une Sécurité sociale intégrale, démocratique, évoluant selon les besoins tout au long de la vie.

Il s'agit de construire ensemble la Sécurité sociale du XXIème siècle pour conquérir une Sécurité sociale intégrale, sur la base du salaire socialisé. Cette Sécurité sociale intégrale doit être fondée sur le principe d'un système simplifié, clair et accessible avec le retour aux valeurs fondatrices de la sécurité sociale supprimées en 1967 avec la création de branches (Maladie, Retraite, Famille, Accidents du Travail / Maladies professionnelles rejoint en 2021 par la branche Autonomie que la CGT considère devoir être du domaine de la maladie). C'est pourquoi la Sécurité sociale doit devenir interlocuteur, collecteur et payeur unique.

La CGT appelle l’ensemble des retraité.es de la FAPT à débattre, à se mobiliser, à agir dans leur département avec leur section UFR. La reconquête de la sécurité sociale, sa primauté, interroge forcément sur le rôle et la place de la complémentaire santé.

A la retraite, le salarié paie 100% de la cotisation mutuelle et elle coûte de plus en plus cher. De plus, nombreuses sont les mutuelles qui s’éloignent des valeurs mutualistes pour proposer de l’assurantiel. Notre proposition revendicative de couverture complémentaire santé mutualisée entre toutes les entreprises quelle que soit leur taille doit être financée par une cotisation sociale basée sur les salaires bruts des actifs. Cela fait partie de notre combat pour une sécurité sociale intégrale. La CGT réaffirme la responsabilité sociale des employeurs vis-à-vis des actifs mais aussi des retraités. Ils ont largement participé par leur travail à l’enrichissement des entreprises.

La santé est un droit fondamental dans le cadre de la solidarité intergénérationnelle qui doit être garanti à toutes et tous, tout au long de sa vie de la naissance jusqu’au décès.

L’Union Fédérale des Retraité.es FAPT propose :

  • La prise en charge par les employeurs de toutes les entreprises de notre secteur d’une cotisation complémentaire santé mutualisée pour tous les retraité.es de notre champ fédéral. 
  • L’ouverture de négociations sur la protection sociale dans toutes les entreprises du champ fédéral pour la prise en compte des besoins des retraité.es.

Signons massivement la pétition !

La santé est un droit fondamental qui doit être garanti tout au long de la vie de la naissance jusqu’au décès. En proposant la Sécurité Sociale intégrale prenant en compte les besoins d’aujourd’hui, entièrement financée par les cotisations sociales et de ce fait gérée par les salarié.es, la CGT veut agir pour améliorer le sort des salarié.es et des retraité.es.